Pendant ce temps-là, dans un entrepôt désaffecté de la zone F4, un groupe d'élèves s'était regroupé. Ils étaient trois garçons et deux filles, et aucun d'entre eux n'avait une arme assez efficace qui leur permettrait de se défendre. Lee Anne avait reçu un poêle à frire; Alida, des baguettes japonaises; Ahmed, un tire-bouchon et Matthias, une cuiller en bois. Ce dernier avait même fait rire ses camarades en disant qu'ils auraient eu une chance de gagner si le jeu se serait appelé "Cuisine Royale". Mais cette blague ne détendit l'atmosphère que pendant un certain temps. Heureusement, Simon avait reçu une arme, certes radicale, mais très utile si le cas l'exigeait : une bombe. Le colombien se tenait un peu à l'écart de ses amis. Discrètement, son regard épiait Lee Anne. Il aimait son joli visage ovale, ses yeux verts et ses cheveux châtains, parsemés de mèches rouges. Mais il ne pouvait pas se permettre de l'approcher et encore moins de l'aimer. La famille de Simon était connue dans toute la Colombie pour faire partie du gang de Luis Rodriguez, un des plus dangereux trafiquants de drogue et d'armes de toute l'Amérique du Sud. Son père était d'ailleurs son meilleur ami et, si Lee Anne devait entrer un jour dans la famille, elle n'en sortirait que sur un brancard appartenant à la morgue colombienne. Tout à coup, Simon pensa que les lois imposées par le gang n'avaient absolument aucune valeur sur l'île et qu'il pouvait peut-être se rapprocher de la belle américaine qu'il aimait en secret. Mais ses pensées furent brutalement interrompues par l'arrivée de Ryoko. La japonaise barricada la porte dès qu'elle l'eut franchie, en utilisant tout ce qu'il se trouvait à sa portée telles que des chaises et autres étagères. Lorsqu'elle se retourna, elle pu constater qu'elle n'était pas toute seule dans son abri. Alida s'approcha d'elle et prit la parole :
"Que s'est-il passé, Ryoko ? Pourquoi es-tu aussi essoufflée ?
- Je... J'étais poursuivie... par Stéphane. Il est armé d'un fusil,... mais j'ai quand même réussi à le semer...
- Tu ne nous veux pas de mal, hein ?
- Parce qu'avec ça, tu crois que j'en serai capable ?! C'est un bâton de pèlerin ! Et je croyais être toute seule ici. Mais, et vous ? Vous avez de mauvaises intentions ?
- Non, ne t'inquiète pas. Regarde un peu nos armes : un tire-bouchon, une poêle à frire, des baguettes japonaises et une cuiller en bois ! On ne te fera pas grand mal avec tout ça. Il n'y a que Simon que l'on peut présumer dangereux parmi nous.
- Eh, Ahmed, fais gaffe à ce que tu dis !
- Je rigole, mon pote.
- Vous avez entendu le rapport de tout à l'heure ? C'est affreux pour eux. Je suis sûre que les jumelles y sont pour quelque chose.
- Ryoko, ne met pas tout sur leur dos. Ce jeu a rendu fou tout le monde. Pour ma part, je suis persuadée qu'elles ne sont pas les seules dans cette affaire.
- Tu crois, Lee Anne ?
- Pratiquement. Au fait, est-ce que je peux te poser une question,
- Vas-y, mais je m'attends déjà à ce que tu vas me demander.
- Pourquoi, quand madame Raverdini répondait à nos questions, elle t'a regardé en disant que personne ne serait perdu cette fois ?
- Vu les conséquences, je vous dois à tous une explication. Avant d'arriver en Europe, j'habitais à Tokyo. Un soir, en rentrant du lycée, ma mère m'a dit que l'établissement avait appelé pour prévenir que j'allais faire, ainsi que ma classe, un voyage éducatif prévu à la dernière minute. La veille du départ, j'étais si excitée que je n'arrivais pas à dormir. Je suis allée prendre un verre d'eau dans la cuisine et c'est à cet instant que j'ai vu mes parents parler avec un homme que je n'avais jamais vu. Je me suis installée derrière la cloison de papier et, intriguée par l'heure tardive à laquelle il était venu leur rendre visite, j'ai écouté ce qu'il avait à leur raconté. Il parlait d'une nouvelle loi qui avait été votée récemment et qui s'appelait "Battle Royale". Dès que j'eus appris que notre voyage n'était qu'une couverture pour nous mener sur cette île, je me mis en tête qu'il était hors de question que j'y aille. Le lendemain, je fis comme si de rien était. Je suis montée dans le car. Tout le monde était ravi de pouvoir enfin sortir de cette grande ville. Je revois encore le visage de Xia lorsqu'elle m'avoua qu'elle n'avait jamais voyagé...
- Qui est Xia ?
- Xia était ma meilleure amie. Elle était si douce et si gentille. Elle me manque atrocement. Où en étais-je ? Ah, oui. Donc, au bout de deux heures de trajet, le car s'arrêta près d'un centre commercial à la sortie de Tokyo. Notre professeur nous autorisa à aller aux toilettes. Au bout de quinze minutes, tout le monde remonta dans le car.
- Tout le monde, sauf toi.
- Sauf moi. Notre professeur était tellement pressé d'arriver sur l'île qu'il en avait oublié de faire l'appel. Xia n'avait remarqué mon absence que trop tard. Elle avait le mal des transports et avait donc prit des somnifères pour le voyage.
- Et qu'est-ce que t'as fait, alors ?
- J'ai attendu jusqu'à ce que le centre commercial ferme. Ensuite, je suis rentrée chez moi.
- Comment ?
- A pied. Je sais, je me suis tapée deux cent kilomètres avant d'arriver enfin chez moi. En arrivant, j'ai vu ma mère qui pleurait. Dès qu'elle m'aperçut, elle et mon père me serrèrent dans leurs bras et je leur dis ce que j'avais fait. Le jour suivant, le directeur de mon établissement téléphona à la maison pour savoir où j'étais. Mon père raconta que je m'étais perdue dans le centre commercial et que, prise de panique, j'avais appelé un taxi pour rentrer chez moi. Mes parents me changèrent de lycée et, en espérant de ne plus me retrouver à nouveau participante de ce jeu, ils m'inscrivirent à EURO AND CO. Malheureusement, nous voilà ici. Soit les règles ont changé pour faire participer un lycée européen, soit ils m'ont retrouvé et ça serait de ma faute si vous êtes tous là aussi.
- Quoi ?
- Du calme, Simon. On ne peut pas en vouloir à Ryoko. Rien n'est de sa faute.
- Mais, elle vient de le dire !
- On n'a pas le temps de râler ! Il faut que l'on se serre les coudes et ce, jusqu'à la fin, d'accord ? demanda Lee Anne.
- D'accord ! Répondirent les cinq autres d'une seule et même voix.
- Je dois vous prévenir, dans ce jeu, il y a une règle qui doit être impérativement respectée : celle d'avoir un ou plusieurs volontaires, déclara Ryoko.
- Comme dans le film ?
- Exactement. Ce film est la pure vérité alors, si vous voulez survivre, rappelez-vous-en parfaitement.
- Tu peux compter là-dessus. On ne l'oubliera pas de sitôt !"
Ryoko était maintenant rassurée. Rassurée et soulagée. Cette histoire lui pesait énormément sur la conscience et elle pensait pendant tout ce temps qu'elle emporterait ce secret dans la tombe. Mais, ils n'avaient pas de temps à perdre. Il leur fallait se méfier de chacun, même si une personne leur paraissait innocente et, surtout, il leur fallait démasquer le ou les volontaires. Sans attendre plus longtemps, Ryoko décida de sortir, accompagnée d'Ahmed et de Matthias. Simon était chargé, ainsi qu'Alida et Lee Anne, de surveiller les environs et de protéger leur abri momentané. Trouver ce ou ces fanatiques de jeu n'allait pas être une chose facile. Le groupe partit discrètement dans la forêt. Désormais, ils étaient et traqués, et traqueurs.
"Que s'est-il passé, Ryoko ? Pourquoi es-tu aussi essoufflée ?
- Je... J'étais poursuivie... par Stéphane. Il est armé d'un fusil,... mais j'ai quand même réussi à le semer...
- Tu ne nous veux pas de mal, hein ?
- Parce qu'avec ça, tu crois que j'en serai capable ?! C'est un bâton de pèlerin ! Et je croyais être toute seule ici. Mais, et vous ? Vous avez de mauvaises intentions ?
- Non, ne t'inquiète pas. Regarde un peu nos armes : un tire-bouchon, une poêle à frire, des baguettes japonaises et une cuiller en bois ! On ne te fera pas grand mal avec tout ça. Il n'y a que Simon que l'on peut présumer dangereux parmi nous.
- Eh, Ahmed, fais gaffe à ce que tu dis !
- Je rigole, mon pote.
- Vous avez entendu le rapport de tout à l'heure ? C'est affreux pour eux. Je suis sûre que les jumelles y sont pour quelque chose.
- Ryoko, ne met pas tout sur leur dos. Ce jeu a rendu fou tout le monde. Pour ma part, je suis persuadée qu'elles ne sont pas les seules dans cette affaire.
- Tu crois, Lee Anne ?
- Pratiquement. Au fait, est-ce que je peux te poser une question,
- Vas-y, mais je m'attends déjà à ce que tu vas me demander.
- Pourquoi, quand madame Raverdini répondait à nos questions, elle t'a regardé en disant que personne ne serait perdu cette fois ?
- Vu les conséquences, je vous dois à tous une explication. Avant d'arriver en Europe, j'habitais à Tokyo. Un soir, en rentrant du lycée, ma mère m'a dit que l'établissement avait appelé pour prévenir que j'allais faire, ainsi que ma classe, un voyage éducatif prévu à la dernière minute. La veille du départ, j'étais si excitée que je n'arrivais pas à dormir. Je suis allée prendre un verre d'eau dans la cuisine et c'est à cet instant que j'ai vu mes parents parler avec un homme que je n'avais jamais vu. Je me suis installée derrière la cloison de papier et, intriguée par l'heure tardive à laquelle il était venu leur rendre visite, j'ai écouté ce qu'il avait à leur raconté. Il parlait d'une nouvelle loi qui avait été votée récemment et qui s'appelait "Battle Royale". Dès que j'eus appris que notre voyage n'était qu'une couverture pour nous mener sur cette île, je me mis en tête qu'il était hors de question que j'y aille. Le lendemain, je fis comme si de rien était. Je suis montée dans le car. Tout le monde était ravi de pouvoir enfin sortir de cette grande ville. Je revois encore le visage de Xia lorsqu'elle m'avoua qu'elle n'avait jamais voyagé...
- Qui est Xia ?
- Xia était ma meilleure amie. Elle était si douce et si gentille. Elle me manque atrocement. Où en étais-je ? Ah, oui. Donc, au bout de deux heures de trajet, le car s'arrêta près d'un centre commercial à la sortie de Tokyo. Notre professeur nous autorisa à aller aux toilettes. Au bout de quinze minutes, tout le monde remonta dans le car.
- Tout le monde, sauf toi.
- Sauf moi. Notre professeur était tellement pressé d'arriver sur l'île qu'il en avait oublié de faire l'appel. Xia n'avait remarqué mon absence que trop tard. Elle avait le mal des transports et avait donc prit des somnifères pour le voyage.
- Et qu'est-ce que t'as fait, alors ?
- J'ai attendu jusqu'à ce que le centre commercial ferme. Ensuite, je suis rentrée chez moi.
- Comment ?
- A pied. Je sais, je me suis tapée deux cent kilomètres avant d'arriver enfin chez moi. En arrivant, j'ai vu ma mère qui pleurait. Dès qu'elle m'aperçut, elle et mon père me serrèrent dans leurs bras et je leur dis ce que j'avais fait. Le jour suivant, le directeur de mon établissement téléphona à la maison pour savoir où j'étais. Mon père raconta que je m'étais perdue dans le centre commercial et que, prise de panique, j'avais appelé un taxi pour rentrer chez moi. Mes parents me changèrent de lycée et, en espérant de ne plus me retrouver à nouveau participante de ce jeu, ils m'inscrivirent à EURO AND CO. Malheureusement, nous voilà ici. Soit les règles ont changé pour faire participer un lycée européen, soit ils m'ont retrouvé et ça serait de ma faute si vous êtes tous là aussi.
- Quoi ?
- Du calme, Simon. On ne peut pas en vouloir à Ryoko. Rien n'est de sa faute.
- Mais, elle vient de le dire !
- On n'a pas le temps de râler ! Il faut que l'on se serre les coudes et ce, jusqu'à la fin, d'accord ? demanda Lee Anne.
- D'accord ! Répondirent les cinq autres d'une seule et même voix.
- Je dois vous prévenir, dans ce jeu, il y a une règle qui doit être impérativement respectée : celle d'avoir un ou plusieurs volontaires, déclara Ryoko.
- Comme dans le film ?
- Exactement. Ce film est la pure vérité alors, si vous voulez survivre, rappelez-vous-en parfaitement.
- Tu peux compter là-dessus. On ne l'oubliera pas de sitôt !"
Ryoko était maintenant rassurée. Rassurée et soulagée. Cette histoire lui pesait énormément sur la conscience et elle pensait pendant tout ce temps qu'elle emporterait ce secret dans la tombe. Mais, ils n'avaient pas de temps à perdre. Il leur fallait se méfier de chacun, même si une personne leur paraissait innocente et, surtout, il leur fallait démasquer le ou les volontaires. Sans attendre plus longtemps, Ryoko décida de sortir, accompagnée d'Ahmed et de Matthias. Simon était chargé, ainsi qu'Alida et Lee Anne, de surveiller les environs et de protéger leur abri momentané. Trouver ce ou ces fanatiques de jeu n'allait pas être une chose facile. Le groupe partit discrètement dans la forêt. Désormais, ils étaient et traqués, et traqueurs.