"... Maintenant, on porte tous les deux une arme. Si on est amené à l'utiliser un jour, ce sera contraint et forcé, et à contrecoeur. Mais, on n'a pas le choix, on est condamné à aller de l'avant.
- On court Noriko ?"
Elle acquiesce.
"Peu importe que la route soit longue. De toutes tes forces... COURT !"
GENERIQUE DE FIN (Dragon Ash : "Shizukana hibi no kaidan wo")
Des applaudissements s'élevèrent de la salle de cinéma bondée. Au milieu de la foule des spectateurs, la classe européenne du lycée EURO AND CO s'apprêtait à sortir.
"La vache ! Il déchire ce trop film ! "Battle Royale", c'est une bombe ! s'exclama Frédéric, l'un des garçons du lycée.
- T'as raison ! N'empêche que, si ce film était une histoire vraie, il n'y aurait plus beaucoup de jeunes dans le coin !" ironisa Jérémy.
Ces deux-là étaient vraiment les meilleurs amis du monde. Ils se connaissaient depuis la maternelle et avaient juré sur leur honneur, lors d'une cérémonie de frères de sang, de ne jamais se quitter quoiqu'il puisse leur arriver.
"Vous savez les gars : il n'y a vraiment qu'au Japon que l'on verra des trucs pareils. Ce n'est pas chez nous que ça arriverait ! déclara Angie.
- Angie, t'as pas autre chose à dire ?! Regarde un peu notre classe, il peut se passer n'importe quoi, n'importe quand, on a de tout : du russe, de l'australien, du colombien et tiens, même du japonais.
- Tu veux parler de Ryoko ? Je l'avais oublié celle-là.
- Tu sais, ça ne m'étonne pas de toi. Le jour où tu t'intéresseras à autre chose qu'à ta petite personne, la Terre s'arrêtera de tourner et il pleuvra de la merde ! Tu veux que je te dise une chose ? Tu n'es et tu ne resteras qu'une garce.
- Toi, ferme-la !
- Les enfants, le car est là ! hurla la directrice du lycée, mettant fin à l'altercation entre Jérémy et Angie.
- Madame, désolé de casser tous vos espoirs, mais on n'est plus des gosses qui sucent leur pouce, lui fit remarquer Ahmed, en exagérant fortement son accent de tunisien.
- Surveille un peu ton langage, toi.
- Mais oui, à d'autres !"
Le car s'arrêta devant le grand cinéma. Finalement, la dernière soirée que la classe avait passé au Japon avait été bien mieux qu'ils ne l'avaient tous espéré. Pour une fois, leur directrice, madame Raverdini, avait visé juste.
Une fois à bord du véhicule, Angie alla retrouver sa soeur jumelle, Eléonore. Toutes les deux étaient blondes comme les blés, leurs cheveux longs et ondulés. Elles étaient grandes, fines et avaient de magnifiques yeux bleu clair. Elles étaient extrêmement fières de leur physique et ne s'en gênaient absolument pas pour le faire remarquer aux autres, quitte à passer pour un duo de garces, ce qui leur valût le doux surnom des Deux Aryennes par Ahmed et Simon. Mais, quoiqu'ils disaient, elles avaient toujours autant de succès auprès des garçons, autant qu'auprès des filles qui les jalousaient intérieurement.
Ryoko, qui monta la dernière dans le long véhicule, dû malgré elle s'asseoir en face des deux chipies.
"Tiens, dit Angie sans discrétion aucune à sa soeur, regarde donc qui vient d'arriver...
- Mais, ça alors ! C'est Risotto ! se moqua sans retenue Eléonore. Dis donc, la bridée, va voir du côté de la buveuse de vodka si j'y suis, tu veux ?"
Ryoko, au bord des larmes, quitta son siège et alla s'asseoir à côté de Linka, l'unique russe de la classe, ce qui expliquait pourquoi les Deux Aryennes l'avaient baptisée ainsi dans leur plus grande mansuétude. Cette dernière regarda gentiment la japonaise et lui dit :
"Ne fais pas attention à elles, Ryoko. Elles sont comme ça avec tout le monde. Elles ont la vacherie dans le sang et on ne peut rien y faire.
- Mais pourquoi sont-elles comme ça ? Qu'est-ce que je leur ai fais ?
- Perso, je n'en sais rien et je m'en fous un peu. Tout ce que je sais c'est que, dès qu'il y a de nouveaux élèves, et en plus s'ils sont étrangers, elles leur en font baver jusqu'à ce qu'ils demandent grâce. Et ne pense pas que ça finit par s'arranger avec le temps. La preuve : t'as entendu comment elles m'ont appelé ces pouffes ?
- Allez les jeunes, il est vingt-trois heures, heure locale. Si vous voulez être en super forme pour prendre l'avion à neuf heures demain matin, vous avez tous intérêt à dormir dans les plus brefs délais ! suggéra madame Raverdini dans le micro qui se trouvait à l'avant du car.
- Ahahah ! ria le groupe en choeur.
- Et si on refuse, Madame ?" ironisa Géraldine, connue pour son humour des plus particulier venant de son plat pays d'origine, la Belgique.
Madame Raverdini se retourna. Elle portait un masque à gaz sur son visage, de même que le conducteur du car. Elle décapsula d'un geste vif plusieurs bonbonnes, qui contenaient apparemment du gaz soporifique, et qui étaient dissimulées à l'avant du véhicule, sous un vieux drap sale et troué en plusieurs endroits.
"Dans ce cas, je vous donnerai gracieusement un petit coup de main."